Nicolae Grigorescu à l’école de Barbizon
Depuis sa mort, aucune rétrospective n’avait été dédiée à Nicolae Grigorescu. Le peintre roumain fut pourtant un acteur important du mouvement impressionniste. L’exposition qui lui est consacrée en ce moment à Agen, et cet automne à Barbizon, rassemble des œuvres aux thèmes et aux styles variés sous le signe d’une même sensibilité.
D’origine roumaine, Nicolae Grigorescu a fait ses premiers pas dans l’art religieux en exécutant des icônes et des peintures murales. Lauréat d’une bourse, il part faire ses études à l’école des Beaux-arts de Paris, où il rencontre Renoir. La peinture moderne est en pleine effervescence : le Déjeuner sur l’Herbe de Manet fait scandale et mène à la création du Salon des Refusés, qui expose toutes les toiles ne correspondant pas aux normes académiques. Se détournant de l’art traditionnel, Nicolae Grigorescu fréquente des peintres étrangers, ceux de l’école de Barbizon. Barbizon, un tournant naturaliste et réalisteA la suite de la création du Prix de Rome de paysage historique, les élèves de l’Ecole des Beaux-arts sont pris d’une frénésie d’observation de la nature en plein air qui les attire dans les forêts situées aux alentours de Paris. En lisière de Fontainebleau, l’auberge du père Ganne accueille à bon marché des artistes venus de toute l’Europe. Nicolae Grigorescu y séjourne avec Ioan Andreescu, un compatriote, de 1863 à 1868. Il côtoie alors des artistes aujourd’hui renommés tels que Millet (dont il fréquente l’une des filles), Daubigny ou Corot. Entre réalisme et naturalisme, Grigorescu trouve son style : l’exécution devient plus souple et les touches plus assurées. 
Sur la route de l’Impressionnisme
Nicolae Grigorescu entreprend plusieurs voyages en Bretagne et en Normandie. La peinture en plein air permet d’éclaircir sa palette et de saisir avec plus de spontanéité les sensations visuelles. Il est alors proche de Georges de Bellio, grand mécène des impressionnistes. La collection de ce dernier familiarise l’artiste aux oeuvres de Monet, de Renoir ou de Sisley. Leur nouvelle technique et leurs couleurs lumineuses l’influencent beaucoup. Si la réalité continue de constituer le fond de la composition, la surface en revanche est inondée par un jeu de lumières fluctuantes. 
Un chef de file en Roumanie
De retour en Roumanie, Nicolae Grigorescu s’établit sur les hauteurs de Câmpina, une petite ville dans les collines où la nature et les villageois l’inspirent. Il excelle alors dans le genre des portraits. Laissant le corps dans le flou, l’artiste entoure les visages de halos nostalgiques et intrigue par les regards. Premier peintre à introduire le plein air dans la peinture roumaine, il est aujourd’hui considéré comme le fondateur de la peinture moderne dans son pays.
 Cette rétrospective comprend quatre-vingt tableaux, dont une cinquantaine de l’artiste lui-même, agrémentés d’une trentaine d’œuvres d’autres peintres. De son vivant, Grigorescu n’a connu aucun succès en France. Cette exposition est donc l’occasion de découvrir son travail et d’avoir un nouveau regard sur cette période. 
Source: Nicolae Grigorescu à l’école de Barbizon (linternaute.com)
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